Après un traumatisme crânien, de nombreuses victimes ne présentent pas de séquelles visibles. Pourtant, elles souffrent de troubles cognitifs, émotionnels ou comportementaux qui altèrent profondément le quotidien : c’est le « handicap invisible ».
Nous allons abordés dans cet article, les symptômes d'un handicap invisible après un traumatisme crânien afin de pouvoir mieux l'identifier car il est souvent mal reconnu et ainsi pouvoir le prouver pour se faire indemniser.
Les symptômes d'un handicap invisible passent souvent pas différents troubles :
Afin de mieux illustrer les conséquences de ces troubles dans la vie quotidienne d'une victime de traumatisme crânien, voici un tableau de situations avant / après ainsi que des témoignages.
| Situations | Avant le traumatisme | Après le traumatisme |
| Réunion de travail | Participation active, capacité à gérer plusieurs informations simultanément | Diffuclté à suivre la discussion, oublis fréquents, besoin de pauses régulières |
| Vie sociale | Sorties et échanges aisés | Isolement progressif, peur du bruit et de la fatigue cognitive |
| Vie domestique | Organisation fluide des tâches quotidiennes | Confusion, oublis, besoin d'assistance ou de rappels fréquents |
Témoignage de Robert, 65 ans, renversé par un cycliste alors qu’il traversait sur un passage protégé : « Depuis mon accident, je parais bien de l’extérieur, mais j’ai l’impression de vivre avec un brouillard permanent dans ma tête. J’oublie des choses simples, je me fatigue vite et les bruits me rendent nerveux. Mon entourage dit que j’ai changé et ne comprend pas mon mal être»
Témoignage de Emma, 35 ans, passagère d’un véhicule dont le conducteur du véhicule a perdu le contrôle : «Aujourd’hui, il m’est impossible de soutenir une reunion d’une heure sans pause, j’ai besoin de plusieurs rappels même pour effectuer une tâche simple. Epuisée, je m’isole regulièrement alors qu’avant j’aimais être en contact avec les autres. »
Contrairement aux séquelles physiques immédiatement visibles, les troubles cognitifs, émotionnels ou comportementaux peuvent rester discrets, variables dans le temps et difficiles à objectiver médicalement. Les raisons principales de cette méconnaissance sont :
La reconnaissance du handicap invisible dans le cadre d’une procédure d’indemnisation repose sur des preuves fonctionnelles et médico-légales précises.
Puisque les lésions sont souvent invisibles à l’imagerie (IRM, scanner), il est essentiel de démontrer le retentissement concret des troubles sur la vie quotidienne, sociale et professionnelle de la victime.
| Type de preuve | Objectif | Exemples / remarques |
| Bilan neuropsychologique complet | Évaluer les capacités cognitives (mémoire, attention, fonctions exécutives) | Les tests réalisés permettront d’objectiver les troubles et difficultés quotidiennes rencontrées |
| Comptes-rendus de rééducation | Suivre l’évolution et la persistance des troubles | Orthophonie, ergothérapie, psychomotricité, orthoptie. |
| Attestations de proches / employeurs | Décrire les changements concrets de comportement ou de performance | “Oublie les rendez-vous”, “fatigue rapide”, “difficulté à gérer plusieurs tâches”. |
| Doléances et description d’une journée type | Décrire au quotidien la fréquence, la durée et le contexte des difficultés | Très utile pour convaincre les experts du retentissement réel. |
| Évaluations médicales complémentaires | Objectiver les troubles associés (fatigue, anxiété, sommeil) | Certificats médicaux, bilans psychiatriques, rapports de suivi. |
Pour faire reconnaître un handicap invisible après un traumatisme crânien, il est utile de s’appuyer sur des éléments à la fois médicaux et très concrets.
Commencez par demander une expertise réalisée par un spécialiste en neurologie et/ou en neuropsychologie, car ce sont souvent ces évaluations qui permettent d’objectiver des troubles parfois difficiles à “voir” au quotidien.
En parallèle, constituez un dossier médical complet et bien documenté, en consultant des professionnels habitués à ce type de séquelles (neurologue, neuropsychologue, psychiatre, orthophoniste…), afin de rassembler des comptes rendus cohérents et complémentaires.
Enfin, pensez à préparer un dossier factuel : notez des exemples précis avant/après l’accident, identifiez les tâches devenues plus difficiles, le temps de récupération nécessaire, et appuyez-vous si possible sur des témoignages de votre entourage ou de votre employeur, qui pourront illustrer l’impact réel de ces troubles dans la vie personnelle et professionnelle.
Chaque situation est différente : pour savoir quelles démarches engager et quels justificatifs privilégier, échangez avec le Cabinet Carré-Paupart.